En un sens, la doctrine de la Trinité est un mystère que nous ne serons jamais en mesure de comprendre pleinement. Cependant, nous pouvons comprendre en partie cette vérité en résumant l’enseignement de l’Écriture en trois affirmations :

  1. Dieu est trois personnes.
  2. Chacune de ces personnes est pleinement Dieu.
  3. Il y a un seul Dieu.

1. Dieu est trois personnes

Le fait que Dieu soit trois personnes signifie que le Père n’est pas le Fils ; ce sont des personnes distinctes. Cela signifie aussi que le Père n’est pas le Saint-Esprit, mais qu’ils sont des personnes distinctes. Et cela signifie que le Fils n’est pas le Saint-Esprit.

Certains se sont demandé si le Saint-Esprit n’était pas la « puissance » ou la « force » de Dieu à l’œuvre dans le monde, plutôt qu’une personne distincte. Mais les témoignages néotestamentaires sont assez clairs. Il y a d’abord les différents versets où le Saint-Esprit se trouve dans une relation de coordination avec le Père et le Fils (Mt 28.19 ; 1 Co 12.4-6 ; 2 Co 13.13 ; Ep. 4.4-6 ; 1 P 1.2). Puisque le Père et le Fils sont tous deux des personnes, cette relation de coordination laisse clairement entendre que le Saint-Esprit est aussi une personne.

Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit…

Matthieu 28.19

Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; diversité de ministères, mais le même Seigneur ; diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous.

1 Corinthiens 12.4-6

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, et la communion du Saint-Esprit, soient avec vous tous !

2 Corinthiens 13.13

Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous.

Éphésiens 4.4-6

… qui sont élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l’Esprit, afin qu’ils deviennent obéissants, et qu’ils participent à l’aspersion du sang de Jésus-Christ : Que la grâce et la paix vous soient multipliées !

1 Pierre 1.2

2. Chaque personne de la Trinité est pleinement Dieu

Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité.

Colossiens 2.9

3. Il y a un seul dieu

L’Écriture enseigne très clairement qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Les trois personnes distinctes de la Trinité non seulement partagent un même but et une même pensée, mais elles sont une en essence, une dans leur nature essentielle. Autrement dit, Dieu n’est qu’un seul être. Il n’y a pas trois Dieux. Il n’y a qu’un seul Dieu.

Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre, à part moi il n’y a point de Dieu ; je t’ai ceint, avant que tu me connaisses. C’est afin que l’on sache, du soleil levant au soleil couchant, que à part moi il n’y a point de Dieu : Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre.

Ésaïe 45.5,6

Déclarez-le, et faites-les venir ! Qu’ils prennent conseil les uns des autres ! Qui a prédit ces choses dès le commencement, et depuis longtemps les a annoncées ? N’est-ce pas moi, l’Éternel ? Il n’y a point d’autre Dieu que moi, je suis le seul Dieu juste et qui sauve. Tournez-vous vers moi, et vous serez sauvés, vous tous qui êtes aux extrémités de la terre ! Car je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre.

Ésaïe 45.21,22

Ainsi parle l’Éternel, roi d’Israël et son rédempteur, l’Éternel des armées : Je suis le premier et je suis le dernier, et hors moi il n’y a point de Dieu. Qui a, comme moi, fait des prédictions – Qu’il le déclare et me le prouve ! – Depuis que j’ai fondé le peuple ancien ? Qu’ils annoncent l’avenir et ce qui doit arriver ! N’ayez pas peur, et ne tremblez pas ; ne te l’ai-je pas dès longtemps annoncé et déclaré ? Vous êtes mes témoins : Y a-t-il un autre Dieu que moi ? Il n’y a pas d’autre rocher, je n’en connais point.

Ésaïe 44.6-8

Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi, et ils tremblent.

Jacques 2.19

4. Toutes les solutions simplistes doivent nier une partie de l’enseignement biblique

  1. Dieu est trois personnes.
  2. Chaque personne est pleinement Dieu.
  3. Il y a un seul Dieu.

Tout au long de l’histoire de l’Église, il y a eu des tentatives de proposer une solution simple à la doctrine de la Trinité en niant l’une ou l’autre de ces affirmations. Si quelqu’un nie la première affirmation, il ne nous reste que deux affirmations : chacune des personnes mentionnées dans l’Écriture (Père, Fils et Saint-Esprit) est Dieu, et il y a un seul Dieu. Or si on nie que ce sont des personnes distinctes, alors il y a une solution simple : ce sont juste des noms différents donnés à une même personne qui agit différemment à différents moments. Tantôt cette personne s’appelle le Père, tantôt elle s’appelle le Fils et tantôt elle s’appelle l’Esprit. Nous n’avons aucune difficulté à comprendre cela, car dans notre propre expérience la même personne peut agir à un moment donné en tant qu’avocat (par exemple), à un autre moment en tant que père vis-à-vis de ses propres enfants, et à un autre moment en tant que fils vis-à-vis de ses parents : la même personne est à la fois avocat, père et fils. Cependant, une telle solution nierait le fait que les trois personnes sont des individus distincts, que Dieu le Père envoie Dieu le Fils dans le monde, que le Fils prie le Père et que le Saint-Esprit intercède pour nous auprès du Père.

Une autre solution simple consisterait à nier la deuxième affirmation, c’est-à-dire à nier que certaines des personnes mentionnées dans l’Écriture soient réellement pleinement Dieu. Si nous soutenons simplement que Dieu est trois personnes et qu’il y a un seul Dieu, nous pouvons alors être tentés de dire que certaines de ces trois « personnes » ne sont pas pleinement Dieu, mais seulement des parties de Dieu qu’il a créées ou qui lui sont subordonnées. Cette solution aurait la faveur, par exemple, de ceux qui nient la pleine divinité du Fils (et du Saint-Esprit). Mais cette solution devrait nier toute une partie de l’enseignement biblique.

Finalement, une solution simple pourrait consister à nier qu’il y a un seul Dieu. Mais cela conduirait au trithéisme, une croyance qui est clairement contraire à l’Écriture.

5. Toutes les analogies ont leurs défauts

Si nous ne pouvons adopter aucune de ces solutions simples, comment pouvons-nous alors concilier ces trois vérités bibliques et maintenir la doctrine de la Trinité ? On a parfois utilisé plusieurs analogies tirées de la nature ou de l’expérience humaine pour tenter d’expliquer cette doctrine. Bien que ces analogies soient utiles à un niveau élémentaire de compréhension, elles se révèlent toutes inadéquates ou trompeuses après plus ample réflexion. Dire, par exemple, que Dieu est comme un trèfle à trois feuilles, qui est composé de trois parties mais reste pourtant un seul trèfle, est inadéquat parce que chaque feuille n’est qu’une partie du trèfle, et on ne peut dire d’aucune feuille qu’elle est le trèfle tout entier. Or dans la Trinité, chaque personne n’est pas seulement une partie de Dieu, mais chaque personne est pleinement Dieu. De plus, la feuille d’un trèfle est impersonnelle et ne possède pas une personnalité complexe et distincte contrairement à chaque personne de la Trinité.

D’autres ont utilisé l’analogie de l’arbre composé de trois parties : les racines, le tronc et les branches constituent un seul arbre. Mais on est confronté au même problème, car ce ne sont que des parties de l’arbre, et l’on ne peut dire d’aucune de ces parties qu’elle est l’arbre tout entier. De plus, dans cette analogie, les parties ont des propriétés différentes, contrairement aux personnes de la Trinité qui toutes possèdent tous les attributs de Dieu dans la même mesure. Et le fait que chaque partie soit impersonnelle est un autre défaut de l’analogie.

L’analogie des trois états de l’eau (vapeur, eau et glace) ne convient pas non plus car (a) aucune quantité d’eau n’est jamais les trois à la fois, (b) les trois états présentent des propriétés ou caractéristiques différentes, (c) l’analogie ne rend absolument pas compte de l’unicité de Dieu (on ne dit pas au sujet de l’eau qu’il y a « une seule eau ») et (d) l’élément de personnalité intelligente fait défaut.

D’autre analogies ont été tirées de l’expérience humaine. On pourrait dire que la Trinité est semblable à un homme qui serait à la fois fermier, maire de sa ville et ancien de son Église. Il joue différents rôles à différents moments, mais il est un seul homme. Cependant, cette analogie laisse à désirer parce qu’il n’y a qu’une seule personne qui effectue ces trois activités à différents moments, et l’analogie ne peut rendre compte de l’interaction personnelle entre les membres de la Trinité. (En fait, cette analogie ne fait qu’enseigner l’hérésie appelée modalisme.)

Une autre analogie empruntée à la vie humaine est l’union de l’intellect, des émotions et de la volonté chez une même personne. Bien que ces trois facultés soient présentes chez une même personne, aucune d’elles ne constitue la personne tout entière. Et elles ne possèdent pas des caractéristiques identiques.

Quelle analogie allons-nous donc utiliser pour illustrer la Trinité ? Bien que la Bible ait recours à de nombreuses analogies tirées de la nature et de la vie pour nous enseigner divers aspects du caractère de Dieu (Dieu est comme un rocher en ce qui concerne sa fidélité, comme un berger parce qu’il prend soin de son peuple, etc.), il est intéressant de constater qu’elle n’en propose aucune pour enseigner la doctrine de la Trinité. Ce qui ressemble le plus à une analogie, ce sont les titres de « Père » et de « Fils », titres qui parlent clairement de personnes distinctes et de la relation étroite qui existe entre eux dans une famille humaine. Mais dans une famille humaine, bien sûr, on a deux êtres humains entièrement distincts, et non un seul comprenant trois personnes distinctes. Il est préférable de conclure qu’aucune analogie ne convient vraiment pour enseigner la Trinité, et que toutes les analogies qu’on pourrait trouver sont susceptibles de nous induire grandement en erreur.



6. Dieu existe éternellement et nécessairement sous une forme trinitaire

Les erreurs proviennent de la négation d’une des trois affirmations résumant l’enseignement biblique.

L’enseignement de l’Écriture relatif à la Trinité était résumé dans les trois affirmations suivantes :

  1. Dieu est trois personnes.
  2. Chaque personne est pleinement Dieu.
  3. Il y a un seul Dieu.

Dans cette étude historique nous verrons certaines des erreurs que nous devrions nous-mêmes éviter en approfondissant cette doctrine. En fait, les principales erreurs trinitaires qui ont vu le jour provenaient de la négation de l’une ou l’autre de ces affirmations fondamentales.

1. Le modalisme affirme qu’il y a une seule personne qui nous apparaît sous trois formes (ou « modes » ) différentes.

À diverses époques des gens ont enseigné que Dieu n’était pas réellement trois personnes distinctes, mais une seule personne qui apparaît aux gens sous différents « modes » à différents moments.

Ce qui rend le modalisme attrayant, c’est son désir de souligner clairement le fait qu’il n’y a qu’un seul Dieu.

Le modalisme a pour sérieux inconvénient qu’il doit nier les relations personnelles au sein de la Trinité qui apparaissent si souvent dans l’Écriture (ou il doit affirmer que celles-ci n’étaient pas réelles mais seulement une illusion).

Le modalisme nie l’indépendance de Dieu, car si Dieu n’est qu’une seule personne, il n’a alors aucune possibilité d’aimer et de communiquer en dehors des personnes qu’il a créées.

2. L’arianisme nie la pleine divinité du Fils et du Saint Esprit

Arius enseignait que Dieu le Fils a été créé par Dieu le Père à un moment donné, et qu’avant ce moment le Fils n’existait pas, pas plus que le Saint-Esprit, mais seulement le Père. Par conséquent, même si le Fils est un être céleste qui existait avant le reste de la création et est bien plus grand que toute autre créature, il n’est pas égal au Père dans tous ses attributs—on peut dire à la limite qu’il est « comme le Père » ou « semblable au Père », mais pas qu’il est « de même nature » que le Père.

Le subordinatianisme

Alors que l’arianisme soutenait que le Fils était un être créé et n’était pas divin, le subordinatianisme affirmait que le Fils était éternel (non créé) et divin, mais qu’il n’en était pas pour autant égal au Père dans son être ou dans ses attributs—le Fils était inférieur ou « subordonné » dans son être à Dieu le Père.

L’adoptianisme

Il nous faut mentionner un autre faux enseignement apparenté à l’arianisme. « L’adoptianisme » est le point de vue selon lequel Jésus a été un homme comme les autres jusqu’à ce que Dieu l’« adopte » comme son « Fils » au moment de son baptême et lui confère des pouvoirs surnaturels. Les adoptianistes ne croyaient pas à la préexistence du Christ et ne le considéraient donc pas comme éternel, ni comme l’être élevé et surnaturel créé par Dieu auquel croyaient les ariens. Même après « l’adoption » de Jésus comme le « Fils » de Dieu, ils ne le considéraient pas comme divin par nature, mais seulement comme un homme que Dieu avait élevé et appelé son « Fils » d’une manière particulière.

La querelle de Filioque

Ces versions disaient simplement que le Saint-Esprit « procède du Père ».

3. Le trithéisme nie qu’il y a un seul Dieu

Ce point de vue sèmerait la confusion dans l’esprit des croyants. Il leur serait impossible de rendre un culte ou de se consacrer au seul vrai Dieu d’une manière absolue. Nous nous demanderions à quel Dieu nous devrions promettre fidélité. À un niveau plus profond, ce point de vue détruirait toute idée d’unité fondamentale dans l’univers : même dans l’être de Dieu il y aurait une pluralité et pas d’unité.

L’importance de la doctrine de la Trinité

Pourquoi l’Église s’est-elle autant intéressée à la doctrine de la Trinité ? Est-ce réellement essentiel de croire à la pleine divinité du Fils et du Saint-Esprit ? Oui, cela est essentiel, car cet enseignement a des implications qui touchent au cœur même de la foi chrétienne.

En premier lieu, l’expiation est un jeu. Si Jésus n’est qu’un être créé, et non pleinement Dieu, il est alors difficile de voir comment une simple créature a pu supporter toute la colère de Dieu contre l’ensemble de nos péchés. Une créature, si exceptionnelle soit-elle, pourrait-elle vraiment nous sauver ?

En deuxième lieu, la justification par la foi seule est menacée par la négation de la pleine divinité du Fils. (On le voit aujourd’hui dans l’enseignement des Témoins de Jéhovah, qui ne croient pas à la justification par la foi seule.) Si Jésus n’est pas pleinement Dieu, nous aurions raison de douter de sa capacité à nous sauver parfaitement, comme nous aurions raison de douter qu’une créature quelle qu’elle soit puisse nous sauver.

Troisièmement, si Jésus n’est pas Dieu, est-il légitime de le prier ou de l’adorer ? Seul un Dieu infini et omniscient peut entendre et répondre à toutes les prières du peuple de Dieu. Et Dieu seul est digne de notre adoration. En fait, si Jésus n’est qu’une simple créature, c’est de l’idolâtrie que de l’adorer, si exceptionnel qu’il puisse être—or le Nouveau Testament nous commande de le faire (Ph 2.9-11 ; Ap 5.12-14).

C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.

Philippiens 2.9-11

Ils disaient d’une voix forte : L’Agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire, et la louange. Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer, et tout ce qui s’y trouve, je les entendis qui disaient : À celui qui est assis sur le trône, et à l’Agneau, soient la louange, l’honneur, la gloire, et la force, aux siècles des siècles ! Et les quatre êtres vivants disaient : Amen ! et les vieillards se prosternèrent et adorèrent.

Apocalypse 5.12-14

Quatrièmement, si quelqu’un enseigne que le Christ est un être créé mais qu’il nous a néanmoins sauvés, il attribue le mérite du salut à une créature et non à Dieu lui-même, et élève à tort la créature au lieu du Créateur, ce que l’Écriture nous interdit.

Cinquièmement, l’indépendance et la nature personnelle de Dieu sont en jeu : s’il n’y a pas de Trinité, alors il n’y avait pas de relations interpersonnelles au sein de l’être de Dieu avant la création, et, sans relations personnelles, on voit mal comment Dieu pourrait être réellement personnel ou ne pas avoir besoin de créer des êtres personnels pour entrer en relation avec eux.

Sixièmement, l’unité de l’univers est en jeu : s’il n’y a pas de pluralité parfaite ni d’unité parfaite en Dieu lui-même, alors rien ne nous permet de penser qu’il puisse y avoir une unité fondamentale entre les divers éléments de l’univers. Le cœur de la foi chrétienne est ici clairement remis en question.

Herman Bavinck dit qu’« Athanase a compris mieux qu’aucun de ses contemporains que le christianisme tient ou s’effondre avec la confession de la Trinité est le cœur de la religion chrétienne : toute erreur résulte, si l’on y regarde de plus près, d’une compréhension erronée de cette doctrine ».

Quelles sont les différences entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit ?

1. Les personnes de la Trinité ont des fonctions principales différentes dans leur relation avec le monde

Le Fils et Le Saint-Esprit sont égaux à Dieu le Père en ce qui concerne leur divinité, mais ils lui sont subordonnés en ce qui concerne leur rôle.

2. Les personnes de la Trinité ont toujours existé en tant que Père, Fils et Saint-Esprit

Les différentes fonctions que nous voyons le Père, le Fils et le Saint-Esprit accomplir sont simplement la manifestation d’une relation éternelle entre les trois personnes, relation qui a toujours existé et qui existera toujours. Dieu a toujours existé en trois personnes distinctes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Ces distinctions font partie de l’être même de Dieu, et il ne pouvait pas en être autrement.

Il n’y a pas de différence entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit en ce qui concerne leur divinité, leurs attributs et leur nature essentielle. Chaque personne est pleinement Dieu et possède tous les attributs de Dieu. Les seules différences entre les membres de la Trinité concernent leurs relations entre eux et avec le reste de la création. Dans ces relations ils remplissent des rôles qui correspondent à chaque personne.

Les membres de la Trinité sont « égaux en ce qui concerne leur être mais subordonnés en ce qui concerne leurs rôles ».

3. Quelle est la relation entre les trois personnes et l’être de Dieu ?

Il est important d’affirmer que chaque personne est pleinement Dieu ; c’est-à-dire que chaque personne possède en elle-même toute la plénitude de l’être de Dieu. Le Fils n’est pas partiellement Dieu ni juste un tiers de Dieu, mais le Fils est pleinement Dieu, et il en est de même du Père et du Saint-Esprit.

Nous devons plutôt dire que la personne du Père possède en elle-même tout l’être de Dieu. De même, le Fils possède en lui-même tout l’être de Dieu, et le Saint-Esprit possède en lui-même tout l’être de Dieu. Lorsque nous parlons du Père, du Fils et du Saint-Esprit ensemble, nous ne parlons pas d’un être plus grand que lorsque nous parlons du Père seul, du Fils seul ou du Saint-Esprit seul. Le Père contient tout l’être de Dieu, le Fils contient tout l’être de Dieu, et le Saint-Esprit contient aussi tout l’être de Dieu.

Si chaque personne est pleinement Dieu et possède tout l’être de Dieu, nous ne devrions pas pour autant penser que les distinctions personnelles sont en quelque sorte des attributs supplémentaires qui viendraient s’ajouter à l’être de Dieu.

Au lieu de cela, chaque personne de la Trinité possède tous les attributs de Dieu, et aucune d’entre elles ne possède des attributs que les autres n’ont pas.

D’un autre côté, nous devons dire que les personnes sont réelles, qu’elles ne sont pas simplement différentes manières de considérer l’être de Dieu. (Ce serait du modalisme ou du sabellianisme.)

Il semble que la seule manière d’y parvenir consiste à dire que la distinction entre les personnes n’est pas une différence relative à l’« être » mais une différence relative aux « relations ». Cela n’a pas grand-chose à voir avec notre expérience humaine, où chaque « personne » humaine différente est également un être différent. D’une certaine façon l’être de Dieu est tellement plus grand que le nôtre, qu’au sein de son être indivisible peuvent se développer des relations interpersonnelles, si bien qu’il peut y avoir trois personnes distinctes.

Quelles sont donc les différences entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit ? Il n’y a aucune différence en ce qui concerne leurs attributs. La seule différence qui existe entre eux est la façon dont ils entretiennent des relations mutuelles et avec la création. La qualité particulière du Père réside dans la façon dont il entretient des relations en tant que Père avec le Fils et le Saint-Esprit. La qualité particulière du Fils réside dans la façon dont il entretient des relations en tant que Fils. Et la qualité particulière du Saint-Esprit réside dans la façon dont il entretient des relations en tant qu’Esprit.

Il y a trois personnes distinctes, mais chaque personne est pleinement Dieu.

Cet être tri-personnel dépasse de beaucoup notre compréhension. C’est une forme d’existence très différente de tout ce que nous connaissons, et très différente de tout ce qu’on peut trouver dans l’univers.

4. Pouvons-nous comprendre la doctrine de la Trinité ?

De toute évidence, nous pouvons comprendre que Dieu est trois personnes, que chaque personne est pleinement Dieu et qu’il y a un seul Dieu. Nous pouvons connaître ces choses parce que la Bible les enseigne.

Nous nous demandons comment il est possible qu’il y ait trois personnes distinctes, que chaque personne ait en elle-même tout l’être de Dieu et que Dieu soit néanmoins un seul être indivisible. Nous ne sommes pas capables de le comprendre. En fait, il est spirituellement sain de reconnaître clairement que l’être même de Dieu dépasse notre compréhension. Cela nous garde dans l’humilité devant Dieu et nous pousse à l’adorer sans réserve.

« Dieu est trois personnes et il y a un seul Dieu ». C’est quelque chose que nous ne comprenons pas, et c’est donc un mystère ou un paradoxe, mais cela ne devrait pas nous troubler puisque les différents aspects de ce mystère sont clairement enseignés par l’Écriture, car puisque nous sommes des créatures finies et non des êtres omniscients, il y aura toujours (y compris dans la vie à venir) des choses que nous ne comprendrons pas pleinement.

Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.

Matthieu 3.16,17

Hymne

Saint, saint, saint est l’Éternel, le Seigneur des armées !

Son pouvoir est immortel ; ses œuvres partout semées,

Font éclater sa grandeur, sa majesté, sa grandeur

Les saints et les bienheureux, les trônes et les puissances,

Tous les anges dans les cieux disent ses magnificences,

Proclamant dans leurs concerts le grand Dieu de l’univers.

L’illustre et glorieux chœur des apôtres et des prophètes,

Célèbre le Dieu Sauveur dont ils sont les interprètes ;

Tous les martyrs couronnés chantent ses fidélités.

Sauve ton peuple, Seigneur, et bénis ton héritage !

Que ta gloire et ta splendeur soient à jamais son partage.

Conduis-le par ton amour jusqu’au céleste séjour.

H.L. Empaytaz, À Toi la gloire, n°43

Transcript:

-Okay Patrick, tell us a bit more about this Trinity thing.

-Yea, Patrick, tell us.

-But remember that we’re simple people without your fancy education and books and learning and we’re hearing about all of this for the first time. So try to keep it simple, okay Patrick?

-Yea, real simple Patrick.

-Sure, there are three persons of the Trinity: the Father, the Son, and the Holy Spirit. Yet there is only one God.

-Don’t get what you are saying here Patrick.

-Not picking up what you’re laying down here, Patrick.

-Could you use an analogy, Patrick?

-Sure, uh, Trinity is like, uh, water and how you can find water in three different forms: liquid and ice and vapour.

-That’s mordalism, Patrick.

-What?

-Mordalism: an ancient heresy confessed by teachers such as Noetes and Sebelius which espouses that God is not three distinct persons but that he merely reveals himself in three different forms. This heresy was clearly condemned in Canon 1 at the first councel of Constantinople in 381 a.d. and those who confess it cannot be rightly considered a part of the church catholic. Come on, Patrick.

-Yea, get it together Patrick.

-Okay, uh, then the Trinity is like the sun in the sky where you have the star and the light and the heat.

-Oh, Patrick.

-Come on, Patrick.

-That’s arianism, Patrick.

-Arianism?

-Yes, arianism, Patrick. A theology which states that Christ and the Holy Spirit are creations of the Father and not one in nature with him. Exactly like how heat and light are not the star itself but are merely creations of the star. That’s a bad analogy, Patrick.

-They’re the worst, Patrick.

-Alright, sorry. The Trinity is like this three leafed clover.

-I am going to stop you right there, Patrick.

-Yea, hold your horses, Patrick.

-You’re about to confess partialism.

-Partialism?

-Yes, partialism. A heresy which asserts that the Father, Son, and Holy Spirit are not distinct persons of the Godhead but are different parts of God. Each composing one-third of the divine.

-And who confesses the heresy of partialism?

-The first season of the program Boltron where five robot lion cars merge together to form one giant robot samari, obviously.

-I’ve never heard of Boltron.

-Of course you haven’t. It’s not going to exist for another fifteen hundred years now, Patrick.

-Yea, get with the program, Patrick.

-I mean really, Patrick.

-I’m going to stab you in the face, Patrick.

-Okay, that was probably a bit much.

-Alright, I’ll try again. The Trinity is like how the same man can be a husband and a father and an employer.

-Mordalism again.

-Alright, then it’s like the three layers of an app…

-Partialism revisisted.

-Fine. The Trinity is a mystery which cannot be comprehended by human reason but is understood only through faith and is best confessed in the words of the Athenian creed which states that we worship one God in Trinity and Trinity in unity, neither confusing the persons nor dividing the substance that we are compelled by the Christian truth to confess that each distinct person is God and Lord and that the deity of the Father, the Son, and the Holy Spirit is one, equal in glory, coequal in majesty.

-Well, why didn’t you just say that Patrick?

-Yea, quit beating around the bush, Patrick.

Transcript:

-Ok Patrick, dis-nous en un peu plus sur cette histoire de Trinité.

-Oui, Patrick, dites-nous.

-Mais n’oubliez pas que nous sommes des gens simples, sans votre éducation, vos livres et vos connaissances, et que nous entendons parler de tout cela pour la première fois. Alors essayez de rester simple, d’accord Patrick ?

-Oui, très simple Patrick.

-D’accord, il y a trois personnes de la Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Pourtant, il n’y a qu’un seul Dieu.

-Ne comprends pas ce que tu dis ici Patrick.

-Je ne comprends pas ce que tu dis, Patrick.

-Pouvez-vous utiliser une analogie, Patrick ?

-Oui, euh, la Trinité est comme, euh, l’eau et comment vous pouvez trouver de l’eau sous trois formes différentes : liquide et glace et vapeur.

-C’est du mordalisme, Patrick.

-Quoi ?

-Mordalisme : une hérésie ancienne confessée par des maîtres comme Noetes et Sébélius qui affirme que Dieu n’est pas trois personnes distinctes mais qu’il se révèle simplement sous trois formes différentes. Cette hérésie a été clairement condamnée au canon 1 du premier conseil de Constantinople en 381 après J.C. et ceux qui la confessent ne peuvent pas être considérés à juste titre comme faisant partie de l’église catholique. Voyons donc, Patrick.

-Oui, reprends-toi, Patrick.

-Ok, euh, alors la Trinité est comme le soleil dans le ciel où vous avez l’étoile et la lumière et la chaleur.

-Oh, Patrick.

-Reprends-toi, Patrick.

-C’est de l’arianisme, Patrick.

-Arianisme ?

-Oui, l’arianisme, Patrick. Une théologie qui affirme que le Christ et le Saint-Esprit sont des créations du Père et non pas un seul dans la nature avec lui. Exactement comme la chaleur et la lumière ne sont pas l’étoile elle-même mais sont simplement des créations de l’étoile. C’est une mauvaise analogie, Patrick.

-Ils sont les pires, Patrick.

-D’accord, désolé. La Trinité est comme ce trèfle à trois feuilles.

-Je vais t’arrêter là, Patrick.

-Oui, calme-toi, Patrick.

-Vous êtes sur le point d’avouer le partialisme.

-Partialisme ?

-Oui, le partialisme. Une hérésie qui affirme que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont pas des personnes distinctes de la divinité mais sont des parties différentes de Dieu. Chacun composant un tiers du divin.

-Et qui confesse l’hérésie du partialisme ?

-La première saison du programme Boltron où cinq voitures robots-lions fusionnent ensemble pour former un samari robot géant, évidemment.

-Je n’ai jamais entendu parler de Boltron.

-Bien sûr, vous ne l’avez pas fait. Elle n’existera plus pendant encore quinze cents ans, Patrick.

-Allez, suivez le programme, Patrick.

-Je veux dire vraiment, Patrick.

-Je vais te poignarder au visage, Patrick.

-Ok, c’était probablement un peu trop.

-D’accord, je vais réessayer. La Trinité, c’est comme si le même homme pouvait être un mari, un père et un employeur.

-Mordalisme encore.

-D’accord, alors c’est comme les trois couches d’une application…

-Le partialisme revisité.

-Afin. La Trinité est un mystère qui ne peut être compris par la raison humaine, mais qui ne peut être compris que par la foi. La meilleure façon de le confesser est de reprendre les mots du credo athénien qui déclare que nous adorons un seul Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l’unité, sans confondre les personnes ni diviser la substance qui nous contraint la vérité chrétienne à confesser que chaque personne distincte est Dieu et Seigneur et que la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit est une, égale en gloire, égale en majesté.

-Pourquoi n’as-tu pas dit ça Patrick ?

-Oui, arrête de tourner autour du pot, Patrick.


Cet étude est adapté du livre : Théologie systématique de Wayne Grudem

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