Passage clé

Jésus parcourait toutes les villes et les villages, il enseignait dans leurs synagogues, prêchait l’Évangile du royaume et guérissait toute maladie et toute infirmité.
À la vue des foules, il en eut compassion, car elles étaient lassées et abattues comme des brebis qui n’ont pas de berger. Alors il dit à ses disciples : La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le Seigneur de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson.

Matthieu 9.35–38

Citations du Chapitre 2

Il […] fut ému de compassion pour elle.

Matthieu 14.14

Ce que Jésus est, il le fait. Sa vie démontre ce qu’il ressent.

« et [il] fut ému de compassion pour elle, et il guérit les malades », Mt 14.14 ; « J’ai compassion de cette foule ; car voilà trois jours qu’ils restent avec moi et n’ont pas de quoi manger », Mt 15.32 ; « [Jésus] en eut compassion […] et il se mit à les enseigner longuement », Mc 6.34; « Le Seigneur la vit, eut compassion d’elle et lui dit : Ne pleure pas ! », Lu 7.13.

Le mot grec ici rendu par « compassion » est le même dans tous les passages cités et désigne littéralement le ventre ou les entrailles d’une personne. Il s’agit d’une façon ancienne d’évoquer ce qui monte du plus profond de son être, de son for intérieur. Or, cette compassion reflète le cœur même de Christ.

Qu’est-ce qui fait Jésus le plus souffrir ? La souffrance des autres. Qu’est-ce qui l’émeut jusqu’aux larmes ? Les larmes des autres.

Ce sont encore et toujours les gens moralement dégoûtants, les parias de la société, ceux qui sont inexcusables et indignes qui non seulement reçoivent la miséricorde de Christ, mais vers qui Christ est aussi le plus attiré. Il est, aux dires de ses ennemis, « un ami des péagers et des pécheurs » (Lu 7.34).

Après avoir lu les Évangiles, un fait dominant nous reste en tête, l’élément le plus frappant et le plus touchant du portrait qu’ils brossent de Jésus : la façon dont le saint Fils de Dieu aborde, touche, guérit et étreint ceux qui le méritent le moins, mais qui le désirent sincèrement, et leur pardonne leurs péchés.

Le Jésus que les Évangiles nous présentent n’est pas quelqu’un qui aime simplement, mais celui qui est lui-même amour ; ses miséricordes irradient du plus profond de son être, dont son cœur même, comme les rayons irradient du soleil.

La colère de Christ et la miséricorde de Christ ne s’opposent pas. Mieux nous comprenons la juste colère de Christ contre tout ce qui est mal, tant autour de nous qu’en nous, mieux nous comprenons sa miséricorde.

En parlant précisément du cœur de Christ, nous n’évoluons pas vraiment sur l’axe colère-miséricorde de toute façon. Son cœur est son cœur.

Nous cherchons à suivre le témoignage biblique en parlant du cœur de Christ rempli d’affection pour les pécheurs et les affligés. Si la Bible semble brosser un portrait mal proportionné de Christ, alors montrons-nous aussi mal proportionnés dans notre compréhension. Il vaut mieux être conformes à la Bible qu’artificiellement « équilibrés ».

Il est impossible de célébrer à outrance le cœur affectueux de Christ, d’en faire trop grand cas et de l’exagérer.

En parlant du cœur même de Christ, nous ne laissons pas derrière nous l’aspect plus sévère de Jésus. Notre seul objectif consiste à suivre le témoignage même de la Bible en cherchant à découvrir Jésus, et à nous étonner de qui il est. Si les actions de Jésus reflètent qui il est au plus profond de son être, nous ne pouvons qu’en conclure que c’est la déchéance même qu’il est venu anéantir qui l’attire le plus irrésistiblement à nous.

Nous allons plus en profondeur que si nous disions simplement que Jésus est amour, miséricorde ou grâce. Voici le témoignage cumulatif des quatre Évangiles : quand Jésus-Christ voit la déchéance du monde qui l’entoure, sa plus profonde inclination, son instinct le plus naturel, le pousse vers ce péché et cette souffrance, au lieu de l’en éloigner.

Dans l’Ancien Testament, lorsqu’une personne impure entre en contact avec une personne pure, cette dernière devient impure. La souillure morale est contagieuse.

Revenons-en à Jésus. Selon les catégories du Lévitique, il est la personne la plus pure à avoir marché sur la terre. Il était la pureté incarnée. Toute horreur qui nous amène à grimacer — nous qui sommes par nature impurs et déchus — amènerait Jésus à grimacer à plus forte raison. Nous ne pouvons même pas imaginer la pureté et la sainteté parfaites de son esprit et de son cœur. Toute sa simplicité, son innocence, sa beauté.

Que faisait Jésus lorsqu’il voyait une personne impure ? Il s’approchait d’eux. Son cœur se gonflait de pitié et de véritable compassion. Il passait du temps avec eux. Il les touchait.

Jésus allait renverser le système juif. Lorsque Jésus, la pureté incarnée, touchait un pécheur impur, Christ ne devenait pas impur. C’est le pécheur qui devenait pur.

Nous avons tendance à percevoir les miracles des Évangiles comme des interruptions dans l’ordre naturel. Au contraire, ils constituent le rétablissement de l’ordre naturel. Nous sommes tellement habitués à vivre dans un monde déchu que la maladie, la souffrance et la mort nous semblent naturelles. En réalité, ce sont elles, les interruptions.

En exorcisant les démons et en guérissant les malades, Jésus expulse de la création les puissances de la destruction, de même qu’il guérit et restaure les êtres créés qui souffrent et qui sont malades. La souveraineté de Dieu, dont témoignent les guérisons, redonne la santé à la création. Les guérisons de Jésus ne sont pas des miracles surnaturels au sein d’un monde naturel. Elles constituent la seule chose véritablement « naturelle » dans un monde contre nature, démoniaque et meurtri.1

Jürgent Motmann

Lorsqu’il était ici-bas, Jésus a œuvré à redonner leur humanité aux personnes déshumanisées et à purifier les personnes impures. Partout où il allait, partout où il voyait des gens souffrir et se languir, il propageait la bonne contagion de sa miséricorde purifiante. Thomas Goodwin a dit : « Christ est l’amour personnifié 2. » Retirez la peau de Christ, et vous trouverez l’amour.

Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour l’éternité.

Hébreux 13.8

Le Jésus qui purifiait les pécheurs souillés sonde notre âme et répond à notre tiède demande de miséricorde par une purification infaillible, car il ne supporterait pas d’agir différemment.

Le cœur de Christ n’est pas distant malgré sa présence actuelle au ciel, car il fait tout par son Esprit. Par l’Esprit, Christ non seulement nous touche lui-même, mais vit également en nous.

Ne savez-vous pas que vos corps sont les membres de Christ ? Prendrai-je donc les membres de Christ, pour en faire les membres d’une prostituée ? Certes non ! Ne savez-vous pas que celui qui s’attache à la prostituée est un seul corps avec elle ? Car, est-il dit, les deux deviendront une seule chair. Mais celui qui s’attache au Seigneur est avec lui un seul esprit.

1 Corinthiens 6.15–17

Jésus-Christ est plus près de vous aujourd’hui qu’il ne l’était des pécheurs et des affligés avec qui il a parlé et qu’il a touchés durant son ministère terrestre. Par son Esprit, Christ enveloppe son peuple d’une étreinte plus étroite et plus forte que n’importe quelle étreinte physique le pourrait. Les actions qu’il a accomplies sur la terre lorsqu’il était dans un corps humain reflétaient son cœur ; le même cœur agit maintenant de la même façon envers nous, car nous formons aujourd’hui son corps.


  1. Jürgen Moltmann, The Way of Jesus Christ: Christology in Messianic Dimensions [Jésus, le Messie de Dieu], trad. libre. Minneapolis, Fortress, 1993, p.98. De même, Graeme Goldsworthy, The Son of God and the New Creation, série « Short Studies in Biblical Theology », Wheaton, Ill., Crossway, 2015, p. 43.
  2. Thomas Goodwin, The Heart of Christ, Édimbourg, Banner of Truth, 2011, p. 61.

Questions

  1. À quoi fait référence le mot grec pour « compassion » ? Que représente-t-il ?
  2. Quelle est la différence entre l’amour du Christ et le Christ est amour ?
  3. Comment les actions de Jésus tout au long des quatre évangiles manifestent-elles son cœur pour les pécheurs ? Vers qui gravite-t-il naturellement ?
  4. Le fait de mettre l’accent sur l’amour compatissant du Christ ne sous-estime-t-il pas d’autres éléments de son caractère ? Comment maintenir une vision saine et équilibrée de qui est le Christ ?
  5. Comment Jésus renverse-t-il l’interaction entre les catégories de pur et d’impur de l’Ancien Testament ? Quelle pertinence cela a-t-il pour votre propre vie ?
  6. Les chrétiens divisent fréquemment les rôles de Jésus-Christ et du Saint-Esprit. Mais comment sont-ils liés ?
  7. Comment pouvons-nous aujourd’hui recevoir et expérimenter le même amour compatissant que le Christ a démontré dans son ministère terrestre ?
  8. À quoi ressemble la compassion du Christ dans votre vie ?

Cet article est adapté de : Doux et humble de cœur de Dane Ortlund et Gentle and Lowly Study Guide de Robert Zink.