Citations du chapitre 4

Act(e)s

A  — Adoration
C  — Confession
T(E)  — Temps d’action de grâces
S  — Supplication

Prier signifie agir. Lorsque nous prions, nous ne restons pas des observateurs passifs ou des spectateurs neutre et détachés.

La prière agissante du juste a une grande efficacité.

Jacques 5.16

La prière est un exercice de passion, et non d’indifférence.

Et Dieu ne ferait-il point justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit ?

Luc 18.7

La ferveur est un élément nécessaire à la prière active. La frénésie ne l’est pas. Toutes deux impliquent de la passion et sont chargées d’émotion. La ferveur dépasse la frénésie à deux niveaux : le mental et l’émotionnel. La ferveur devient frénésie quand l’esprit arrête de penser et que les émotions échappent à tout contrôle.

La prière frénétique encourage l’incohérence et les gestes vains, et elle n’honore pas Dieu. La frénésie, contrefaçon de la ferveur, est une tentative artificielle de stimuler un zèle pieux.

L’adoration

Le moyen le plus approprié de prier est de commencer par l’adoration. Omettre l’adoration revient à retirer le cœur de la prière.

Dans les Psaumes nous trouvons un trésor divinement inspiré de modèles d’adoration à suivre.

Nos hésitations et nos faiblesses dans l’expression de notre adoration peuvent avoir deux causes possibles : le manque de vocabulaire approprié et l’ignorance. Nous ne souffrons pas tant d’un vocabulaire limité que d’une compréhension limitée de celui que nous adorons. Notre adoration souffre d’un manque de connaissance de Dieu.

Dieu est une personne avec une histoire personnelle qui n’a pas de fin. Il s’est révélé lui-même à nous, non seulement à travers le glorieux tableau de la nature, mais aussi dans les pages des saintes Écritures. Si nous remplissons nos esprits de sa Parole, nos bégaiements inintelligibles se transformeront en modèles accomplis de louange éloquente.

Pourquoi devons-nous l’adorer ? En tant qu’êtres humains, il est de notre devoir de le faire. Nous avons été appelés à remplir la terre de la gloire de Dieu. Nous avons été créés à son image pour refléter sa gloire ; notre fonction principale est de magnifier le Seigneur.

Pourquoi l’adoration est-elle si importante pour nous en pratique ? Parce que, en tant que chrétiens, toute notre vie  — qui doit être une vie d’obéissance et de service  — est stimulée et enrichie lorsque la sainteté et la dignité de Dieu sont gravées dans nos esprits.

Lorsque nous commençons nos prières par l’adoration, nous nous mettons dans les bonnes dispositions pour venir à Dieu dans la confession, la reconnaissance et la supplication.

Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, en vue d’un secours opportun.

Hébreux 4.16

Nous pouvons venir avec assurance, mais jamais avec arrogance, prétention ou désinvolture.

Quand nous commençons notre prière par l’adoration et la louange, nous montrons que nous réalisons à qui nous parlons.

La vraie prière suppose une attitude d’humble soumissions et d’adoration à l’égard du Dieu Tout-Puissant.

La confession

Nous n’avons aucun droit de venir devant Dieu, si ce n’est grâce à l’œuvre accomplie par le Christ. Les Écritures nous disent que Dieu est trop saint pour ne serait-ce que regarder le péché.

La confession doit faire partie intégrante de notre conversation avec Dieu. La confession doit être une activité quotidienne pour le chrétien, dont le pèlerinage est caractérisé par l’esprit de repentance. La principale raison pour laquelle la confession doit être quotidienne tient au fait que nous commettons quotidiennement des péchés.

Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice.

1 Jean 1.9

Dieu nous ordonne de confesser nos péchés et il promet alors de nous les pardonner.

Nous pouvons faire la distinction entre deux types de repentance : l’attrition et la contrition. L’attrition est une repentance motivée uniquement par la crainte de la punition. La véritable repentance reflète la contrition, un remords pieux d’avoir offensé Dieu. Le pécheur pleure son péché, non pas pour la perte de la récompense ou à cause de la menace d’un jugement, mais parce qu’il a porté préjudice à l’honneur de Dieu.

Le pécheur reconnaît que Dieu est infiniment bon et qu’il mérite notre amour. Cette reconnaissance réduit au silence toute tentative d’autojustification.

La prière de contrition comprend une déclaration ferme de détermination à ne plus commettre de péchés, une volonté d’abandonner toute mauvaise tendance et d’éviter d’y revenir. Elle porte également la marque d’une humble reconnaissance de dépendance à la miséricorde et à l’assistance divines.

Nous devons reconnaître l’intensité du péché, l’extrême impiété de nos actions.

Ô Dieu ! fais-moi grâce selon ta bienveillance,
Selon ta grande compassion, efface mes crimes ;
Lave-moi complètement de ma faute,
Et purifie-moi de mon péché.
Car je reconnais mes crimes,
Et mon péché est constamment devant moi.
J’ai péché contre toi, contre toi seul,
Et j’ai fait le mal à tes yeux,
En sorte que tu seras juste dans ta sentence,
Sans reproche dans ton jugement.
Voici : je suis né dans la faute,
Et ma mère m’a conçu dans le péché.
Mais tu prends plaisir à la vérité dans le fond du cœur :
Au plus secret (de moi-même), fais-moi connaître la sagesse.

Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ;
Lave-moi, et je serai plus blanc que la neige.
Annonce-moi la félicité et la joie,
Et les os que tu as brisés seront dans l’allégresse.
Détourne ta face de mes péchés,
Efface toutes mes fautes.
Ô Dieu ! créé en moi un cœur pur,
Renouvelle en moi un esprit bien disposé.
Ne me rejette pas loin de ta face,
Ne me retire pas ton Esprit Saint.
Rends-moi la joie de ton salut,
Et qu’un esprit de bonne volonté me soutienne !

J’enseignerai tes voies à ceux qui se révoltent,
Et les pécheurs reviendront à toi.
Ô Dieu, Dieu de mon salut ! délivre-moi du sang versé,
Et ma langue acclamera ta justice.
Seigneur ! ouvre mes lèvres,
Et ma bouche proclamera ta louange.
Car tu ne prends pas plaisir au sacrifice,
Autrement, j’en donnerais ;
Tu n’agrées pas d’holocauste.
Les sacrifices (agréables) à Dieu, c’est un esprit brisé :
Un cœur brisé et contrit ;
Ô Dieu, tu ne le dédaignes pas.
Répands par ta faveur tes bienfaits sur Sion,
Bâtis les murs de Jérusalem !
Alors tu prendras plaisir aux sacrifices de justice,
Aux holocaustes et aux victimes tout entières ;
Alors on offrira des taureaux sur ton autel.

Psaume 51

David croyait que Dieu serait totalement juste s’il ne lui accordait rien d’autre qu’un châtiment absolu. David a ainsi exposé ce que Dieu a commandé de ne jamais mépriser : un cœur brisé et contrit.

L’élément le plus crucial de la confession est une dépendance totale de la miséricorde de Dieu. Nous sommes des débiteurs qui ne peuvent rembourser leur dette.

Quand nous péchons, notre seule option est la repentance. Sans elle, il n’y a pas de pardon. Nous devons venir à Dieu dans la contrition.

Car tu ne prends pas plaisir au sacrifice,
Autrement, j’en donnerais ;
Tu n’agrées pas d’holocauste.
Les sacrifices (agréables) à Dieu, c’est un esprit brisé :
Un cœur brisé et contrit ;
Ô Dieu, tu ne le dédaignes pas.

Psaume 51.18,19

Pour bénéficier de l’expiation du Christ, pour en être recouverts, il nous faut venir devant Dieu brisés et contrits.

En un certain sens, le pardon ne devrait jamais être une surprise. Nous ne devrions jamais être surpris quand Dieu tient sa parole et pardonne à ceux qui confessent leurs péchés. Dieu tient ses promesses ; l’homme non.

Toutefois, nous devrions être surpris chaque fois que nous expérimentons le pardon. Nous ne devrions jamais tenir pour acquis la miséricorde et le pardon de Dieu.

Si Dieu est obligé d’être miséricordieux, sa miséricorde n’est plus libre ou volontaire. Elle devient obligatoire. Si c’est le cas, alors ce n’est plus de la miséricorde, mais de la justice.

Nous devons constamment nous laisser étonner par sa grâce.

L’action de grâce

Rendre grâce doit faire partie intégrante de la prière. Cela devrait être indissociablement lié à nos supplications. Les Écritures nous disent de venir à Dieu et de faire connaître toutes nos demandes avec des actions de grâces. Rendre grâce consiste à reconnaître qui est Dieu et quels sont ses bienfaits.

Mon âme, bénis l’Éternel,
Et n’oublie aucun de ses bienfaits !

Psaume 103.2

Ils sont donc inexcusables, puisque, ayant connu Dieu, ils ne l’ont pas glorifié comme Dieu et ne lui ont pas rendu grâces.

Romains 1.21

L’honneur et l’action de grâce peuvent être distingués, mais pas séparés. Tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes, nous le devons en fin de compte à la bienveillance de notre Créateur. Manquer de respect à Dieu en retenant nos remerciements revient à nous exalter nous-mêmes et à l’abaisser.

Regardez la rencontre de Jésus avec les dix lépreux.

Au cours de son voyage vers Jérusalem, Jésus passait entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre et se tenaient à distance. Ils élevèrent la voix et dirent : Jésus, Maître, aie pitié de nous ! En les voyant, il leur dit : Allez vous montrer aux sacrificateurs. Et, pendant qu’ils y allaient, il arriva qu’ils furent purifiés. L’un d’eux, se voyant guéri, revint sur ses pas et glorifia Dieu à haute voix. Il tomba face contre terre aux pieds de Jésus et lui rendit grâces. C’était un Samaritain. Jésus prit la parole et dit : Les dix n’ont-ils pas été purifiés ? [Mais] les neuf autres, où sont-ils ? Ne s’est-il trouvé que cet étranger pour revenir et donner gloire à Dieu ? Puis il dit : Lève-toi, va ; ta foi t’a sauvé.

Luc 17.11–19

L’objet de cette histoire n’est pas tant celui de la gratitude que de l’action de grâce. C’est une chose de se sentir reconnaissant ; c’en est une autre de l’exprimer.

Toutes nos prières doivent inclure une action de grâce. Nous sommes tellement redevables à Dieu que nous ne pourrons jamais épuiser nos occasions d’exprimer notre reconnaissance.

Oublier les bienfaits de Dieu est aussi la marque du chrétien immature, celui qui vit par ses sentiments. Il vit toujours dans le présent, savourant le « maintenant », mais perdant de vue ce que Dieu a fait dans le passé. Son obéissance et son service fluctuent en fonction de l’intensité de son dernier souvenir de bénédictions.

Même si Dieu ne nous donnait plus jamais d’autre aperçu de sa gloire, même s’il ne répondait plus jamais à une autre de nos requêtes, même s’il ne nous donnait plus jamais un autre don de l’abondance de sa grâce, nous serions malgré tout obligés de passer le reste de notre vie à le remercier pour ce qu’il a déjà accompli dans nos vies. Nous avons déjà été suffisamment bénis pour être poussés chaque jour à lui rendre grâce. Et pourtant, Dieu continue de nous bénir.

La supplication

Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu qui donne à tous libéralement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée.

Jacques 1.5

Ne vous inquiétez de rien ; mais, en toutes choses, par la prière et la supplication, avec des actions de grâces, faites connaître à Dieu vos demandes.

Philippiens 4.6

Priez en tout temps par l’Esprit, avec toutes sortes de prières et de supplications. Veillez-y avec une entière persévérance. Priez pour tous les saints.

Éphésiens 6.18

Demandez et l’on vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvrira à celui qui frappe.

Matthieu 7.7,8

Aucun sujet n’est trop grand ou trop petit pour être amené devant Dieu dans la prière, tant que ce n’est pas quelque chose que nous savons contraire à la volonté révélée de Dieu, indiquée clairement dans sa Parole.

Notre frustration dans la prière peut avoir plusieurs explications.

  1. Nous prions de vagues généralités. Il n’y a rien de mauvais à rester large ou vague dans nos prières, mais si elles demeurent toutes aussi générales, alors aucune n’aura de résultat spécifique et concret.
  2. Si nous sommes en disharmonie avec Dieu ou en rébellion ouverte avec lui, nous pouvons difficilement nous attendre à ce qu’il tende une oreille bienveillante vers nos prières. Une attitude de révérence envers Dieu est essentielle si nous voulons que nos prières soient efficaces.
  3. Nous nous montrons souvent impatients. Nous devons apprendre la patience, en demandant à Dieu sa paix.
  4. Nous avons une courte mémoire. Le saint se remémore les dons de Dieu et n’a pas besoin d’en recevoir de nouveaux pour que sa foi reste intacte.

Même si Dieu nous fait grâce sur grâce, nous devrions être en mesure de nous réjouir de chacun de ses bienfaits, même s’il ne nous en accorde aucun autre.



Questions

  1. Est-ce que la prière est quelque chose de passive ?
  2. Quelle est la différence entre la ferveur et la frénésie ? Laquelle est nécessaire à la prière active ?
  3. Quel est le moyen le plus approprié pour commencer la prière ?
  4. Si on l’omet l’adoration de la prière, c’est comme retirer quoi de la prière ?
  5. Trouve un Psaume qui peut te servir comme un modèle d’adoration.
  6. Quelles sont deux causes possibles de nos hésitations et nos faiblesses dans l’expression de notre adoration ?
  7. Donne une raison qu’il est tellement important de toujours apprendre de plus en plus sur qui Dieu est.
  8. Comment pouvons-nous pratiquement apprendre plus sur qui Dieu est ?
  9. Pourquoi devons-nous adorer Dieu ?
  10. Pourquoi l’adoration est-elle si importante pour nous en pratique ?
  11. Pourquoi la confession est importante dans nos prières chaque jour ?
  12. Quelle est la différence entre l’attrition et la contrition ?
  13. Quel est l’élément le plus crucial de la confession selon l’auteur (page 61) ?
  14. Expliquez comment lorsque nous expérimentons le pardon nous ne devrions jamais être surpris et nous devrions être surpris chaque fois.
  15. Pourquoi c’est important de ne pas dire que Dieu est obligé d’être miséricordieux ?
  16. Qu’est-ce qu’on est en train de faire quand on manque de respect à Dieu en retenant nos remerciements ?
  17. Qu’est-ce qu’une marque du chrétien immature ?
  18. Est-ce qu’il y a des sujets trop grands ou trop petits pour être amenés devant Dieu ?
  19. Quelles sont quelques explications possibles de notre frustration dans la prière ?

Cet article est adapté du livre La prière peut-elle changer les choses ? de R.C. Sproul

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