Avant de commencer cette étude, prenez une feuille de papier et un stylo et écrivez ce que vous pensez que les mots crainte du Seigneur signifient. Conservez cette définition que vous avez écrite dans un endroit sûr ; nous y reviendrons plus tard.

Citations du chapitre 1

La peur est probablement l’émotion la plus forte que les humains peuvent ressentir. Mais c’est une émotion déroutante qui nous laisse perplexes.

Craindre ou ne pas craindre ?

Il n’y a pas de crainte dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n’est point parfait dans l’amour.

1 Jean 4.18

Ainsi nous accord-t-il, après avoir été délivrés de la main de nos ennemis, de pouvoir sans crainte
Lui rendre un culte dans la sainteté et la justice, en sa présence, tout au long de nos jours.

Luc 1.74,75

Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, lui aussi, d’une manière semblable y a participé, afin d’écraser par sa mort celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et de délivrer tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans l’esclavage.

Hébreux 2.14,15

Le commandement le plus répété dans les Écritures est : « Ne crains pas ! »

Pourtant, à maintes reprises, les Écritures nous invitent à craindre Dieu.

Le début de la sagesse, c’est la crainte de l’Éternel ;
Et la connaissance des saints, c’est l’intelligence.

Proverbes 9.10

La crainte de l’Éternel est le commencement de la connaissance ;
Les insensés méprisent la sagesse et l’instruction.

Proverbes 1.7

Enseigne-moi tes voies, Éternel !
Je marcherai dans ta vérité.
Donne-moi un cœur tout simple, que je craigne ton nom.

Psaume 86.11

Tes jours seront en sûreté ;
La sagesse et la connaissance sont une richesse qui sauve ;
La crainte de l’Éternel,
C’est là son trésor.

Ésaïe 33.6

Et sa miséricorde s’étend d’âge en âge
Sur ceux qui le craignent.

Luc 1.50

Puisque nous avons de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, en développant jusqu’à son terme la sainteté dans la crainte de Dieu.

2 Corinthiens 7.1

Serviteurs, obéissez en tout à vos maîtres selon la chair, et cela non seulement sous leurs yeux comme si vous cherchiez à plaire aux hommes, mais avec simplicité de cœur, dans la crainte du Seigneur.

Colossiens 3.22

Écoutons la conclusion de tout le discours ; crains Dieu et observe ses commandements. C’est là tout l’homme.

Ecclésiaste 12.13

La crainte de l’Éternel est l’âme de la piété.

John Murray 1

La crainte de l’Éternel signifie l’adoration complète de Dieu, qu’elle soit morale ou instituée, toute l’obéissance que nous lui devons.

John Owen 2

L’accomplissement de la loi signifie que nous sommes censés craindre et aimer Dieu et lui faire confiance par-dessus toute autre chose.

Martin Luther 3

D’un côté, la Bible nous enseigne que Christ nous délivre de nos craintes. D’un autre côté, elle nous enseigne que nous devons craindre, et craindre Dieu, rien de moins.

L’Évangile nous libère de la crainte et paradoxalement, il nous demande en même temps de craindre. Il nous libère de nos craintes, celle qui nous handicapent, et à la place, il nous donne une crainte la plus délicieuse, joyeuse et merveilleuse qui soit.

La crainte du Seigneur ne signifie pas avoir peur de Dieu.

Puis un rameau sortira do tronc d’Isaï,
Et le rejeton de ses racines fructifiera.
L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui :
Esprit de sagesse et d’intelligence
Esprit de conseil et de vaillance,
Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel.
Il respirera dans la crainte de l’Éternel.

Ésaïe 11.1–3

Même le Messie, dans sa sainteté, sa perfection, son absence de péché, il craint le Seigneur sans réticences. L’Esprit qui repose sur lui est l’Esprit de crainte de l’Éternel et il prend plaisir dans la crainte de l’Éternel.

Une culture de crainte

Considérer où en est notre société aujourd’hui pourrait nous aider à comprendre pourquoi nous avons un problème avec la crainte, et pourquoi la crainte de l’Éternel est exactement le tonifiant dont nous avons besoin.

C’est toute notre culture qui est de plus en plus anxieuse et incertaine. La sécurité à laquelle nous aspirons nous échappe, et nous rend vulnérables.

Même si nous sommes plus riches et plus en sécurité, même si nous sommes plus protégés que presque toutes les autres sociétés à travers l’histoire, la sécurité et devenue le Graal de notre culture. Et comme le Saint Graal, c’est quelque chose que nous ne pourrons jamais atteindre. Protégés comme jamais auparavant, nous sommes aussi plus nerveux et paniqués que jamais.

La confusion morale dans la société a conduit à une incapacité de gérer la crainte, à une anxiété croissante, et donc, à une augmentation du nombre de barrières de protection érigées autour de nous.

La confusion morale est elle-même une conséquence d’un abandon antérieur : celui de la crainte de Dieu. C’est Dieu qui donne la logique et la matrice de la moralité : à partir du moment où il n’est plus crainte, la confusion morale apparaît nécessairement. La confusion morale n’est pas la racine de notre anxiété : la confusion morale d’aujourd’hui et notre état général franchement anxieux sont tous deux des répercussions de l’abandon culturel de Dieu en tant que juste objet de la crainte de hommes.

Sans les soins providentiels d’un Père bienveillant, nous nous retrouvons totalement chancelants lorsque nous avançons sur les sables mouvants de la moralité et de la réalité. Après avoir évincé Dieu de notre culture, les autres préoccupations, de notre santé individuelle à celle de notre planète, ont endossé le rôle de divinité suprême dans nos esprits. Alors nous nous sentons désespérément fragiles. Puisqu’elle n’est plus ancrée dans rien, la société se remplit d’angoisses flottantes.

Alors que la crainte est une réponse à quelque chose de précis, l’anxiété est plus un état général, comme quelque chose dans l’atmosphère.

L’épouvantable héritage de l’athéisme

L’athéisme faisait la promesse qu’en libérant les gens de leur croyance en Dieu, ils seraient libérés de leurs craintes.

Le rejet de la crainte de Dieu n’a pas rendu nos sociétés plus heureuses et moins soucieuses.

Plus de connaissance ne signifie pas nécessairement moins de crainte ; cela signifie souvent plus de crainte. De simples avancées en matières de connaissance et de technologie n’éliminent pas la peur.

Puisque son identité propre est principalement laïque, notre société ne se tournera pas vers Dieu. C’est ainsi que la société occidentale après les Lumières à médicalisé la crainte. Cela ne signifie pas que l’usage de médicaments pour juguler l’anxiété est une mauvaise chose, juste qu’il s’agit d’un palliatif, parfois important, mais pas la solution ultime.

Cette tentative d’éradication de la crainte, comme nous voudrions éradiquer entièrement une maladie, a en réalité permis que le confort ou la quiétude (à savoir l’absence totale de crainte) deviennent un domaine de la santé, ou même un domaine de la moralité. Alors que l’inconfort ou l’agitation étaient auparavant considérés comme relativement normaux (et plutôt légitimes cans certaines situations), ils sont maintenant vus comme particulièrement malsains.

Mieux partager la Parole

Les chrétiens des générations passées, qui avaient embrassé la crainte de Dieu, avaient réussi à parler de la crainte avec un mélange attrayant de douceur, d’optimisme et de rondeur.

Parmi toutes les créatures que Dieu a faites (hormis les démons), l’homme est la plus apte et la plus capable d’être son propre persécuteur ; et de tous les fléaux avec lesquels il fouette et afflige son esprit et son corps, aucun n’est aussi cruel et intolérable que ses propres craintes. Plus les temps sont durs, plus l’esprit a besoin de soutien et d’encouragement, pour l’affermir et le fortifier afin qu’il puisse affronter les épreuves, mais selon la pire perspective, la crainte inflige les blessures les plus profondes et les plus dangereuses à l’esprit de l’homme, sectionnant les nerfs mêmes de son endurance et de sa capacité de résistance.

Si les hommes ne faisaient que creuser à la racine de leurs peurs, ils y trouveraient certainement l’incrédulité, comme le dit Matthieu 8.26 : « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ! » Moins vous avez de foi, plus que vous avez de crainte : la crainte est générée par l’incrédulité, l’incrédulité est renforcée par la crainte. […] et c’est pour cela que toute l’habileté du monde ne pourra jamais nous guérir de cette maladie qu’est la crainte, jusqu’à ce que Dieu nous guérisse d’abord de notre incrédulité. Christ a donc suivi la bonne méthode pour débarrasser ses disciples de leur crainte, en leur reprochant leur incrédulité.

John Flavel 4

L’anxiété croît le mieux dans le sol de l’incrédulité. Elle flétrit au contact de la foi. Et la foi est fertilisée par la crainte de Dieu.

Peu importe le nom de la rose, son odeur reste la même

Toutes les craintes ne sont pas les mêmes, et elles ne sont pas toutes mauvaises, malsaines, ou désagréables. Nous devons dinstinguer les différentes craintes, discerner les mauvaises de bonnes.5

La crainte de Dieu, que les Écritures nous commandent d’avoir, apporte du plaisir à Christ et à son peuple. C’est la crainte positive, merveilleuse, qui peut gérer nos anxiétés.


  1. John Murray, Principles of Conduct: Aspects of Biblical Ethics, Londres, Tyndale, 1957, p. 229.
  2. John Owen, Temptation and Sin, dans The Works of John Owen, William H. Goold, éd., réimpr., Édimbourgh, Banner of Truth, 1967, vol. 6, p. 382.
  3. Martin Luther, The Small Catechism, 1529: The Annotated Luther Study Edition, Minneapolis, Fortress, 2017, p. 217.
  4. John Flavel, « A Practical Treatise on Fear », dans The Whole Works of John Flavel, Londres, W. Baynes and Son, 1820, vol. 3, p. 239.
  5. Flavel, « A Practical Treatise on Fear », dans The Whole Works of John Flavel, Londres, W. Baynes and Son, 1820, vol. 3, p. 245.

Questions

  1. Quelle est probablement l’émotion la plus forte que les humains peuvent ressentir ?
  2. Quel est le commandement le plus fréquent dans les Écritures ?
  3. Qu’est-ce que nous nous sommes enseigné à maintes reprises à faire ?
  4. Comment l’Évangile nous libère de la crainte et en même temps nous donne la crainte ?
  5. Est-ce que la crainte signifie d’avoir peur de Dieu ?
  6. Selon Ésaïe 11.1–3, à quoi le Messie prend-il plaisir ?
  7. Qu’est-ce qui peut nous aider à comprendre pourquoi nous avons un problème avec la crainte ?
  8. Explique la réponse à la question 7.
  9. Quel est le remède à notre problème de crainte ?
  10. À quoi a conduit la confusion morale dans la société ?
  11. Pouvez-vous penser à des exemples de cela dans la société qui vous entoure ?
  12. La confusion morale elle-même est une conséquence de quoi ?
  13. Comparez la peur et l’anxiété.
  14. Qu’enseigne l’athéisme concernant la peur ?
  15. Comment les simples avancées en matières de connaissance et de la technologie ont-ils affecté la peur ?
  16. Comment notre société gère-t-elle la crainte ?
  17. Est-ce que cela veut dire que l’usage de médicaments pour juguler l’anxiété est une mauvaise chose ?
  18. Qu’est-ce que cette tentative d’éradication de la crainte, comme nous voudrions éradiquer entièrement une malade, a fait ?
  19. Quelle a été la conséquence de la perte de la crainte de Dieu et quel est l’antidote ?
  20. Expliquer la relation entre l’incrédulité, la foi et la crainte de Dieu.

This article is adapted from: Rejoice & Tremble by Michael Reeves


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